Il y a 100 ans déjà au large des Malouines.

Il y a 100 ans déjà au large des Malouines.

Un désastre annoncé.

Vue de Port Stanley situé sur île Est des Fakland.
Vue de Port Stanley situé sur île orientale des Falkland.

L’amirauté Britannique veux laver l’affront de la défaite cinglante de l’escadre Anglaise détruite le 1 Novembre 1914 au large des cotes Chiliennes face à Coronel et la baie d’Arauco à environ 15 milles nautique à l’ouest de l’ile de Santa Maria en Pacifique Sud.

Contre-amiral Christopher Cradock.
Contre-amiral Christopher Cradock.

En ce début de Novembre, la flotte de la Royal Navy avec l’escadre des Indes Occidentales commandée par le contre-amiral Christopher Cradock forte de deux croiseurs-cuirassiers, un croiseur léger et un croiseur auxiliaire, traque la Kriegsmarine dans l’océan Pacifique, le long des rivages Chiliens, flotte allemande commandée par le vice-amiral Maximilian Von Spee comprenant deux croiseurs-cuirassiers et deux croiseurs légers, qui depuis Août 1914 et l’entrée en guerre du Japon avait quittée sa base chinoise de Tsing-Tao (comptoir Allemand) pour patrouiller en Amérique latine.

Flotte Allemande à Tsing-tao.
Flotte Allemande à Tsing-Tao.

La Royal ayant intercepté un message radio de la marine Allemande va au devant de la flotte Allemande, pour livrer bataille, ce qui entraînera sa perte.
Le combat naval en fin d’après midi ne durera qu’une heure, les deux croiseurs-cuirassiers Anglais sont coulés par le fond avec 1 654 hommes d’équipage, il n’eu aucun survivant.

Ce fut la 1ère bataille navale de la 1ère guerre mondiale.

Plaque en la Cathédrale de Port Stanley, à droite du Coeur. Cette tablette a été érigé à partir des offrandes données à un service commémoratif a eu lieu à la cathédrale le 29 1914 à laquelle ont participé par son excellence le gouverneur, le capitaine, les officiers et les hommes de HMS Canopus et par les officiers et les hommes des bénévoles Îles
Plaque en la Cathédrale de Port Stanley, à droite du Cœur. Cette tablette a été érigée à partir des offrandes données à un service commémoratif en la cathédrale, le 29 Nov. 1914 à laquelle ont participé par son excellence le gouverneur, le capitaine, les officiers et les hommes de HMS Canopus .

Mis à part le fait que la Royal-Navy cherche à se venger militairement à la suite de ce désastre, l’accès maritime de la Grande-Bretagne comme de ses alliés (ces lignes maritimes sont stratégiques pour l’effort de guerre, il en va de même pour l’Empire Allemand.) durant ce début de conflit aux approvisionnements en Salpêtre du Chili (nitrate de Sodium) nécessaire tant comme matière première pour la confection de la poudre à munitions ou comme engrais risquent de faire défaut, ainsi que pour la viande en provenance d’Argentine, est bloqué par la présence militaire de la flotte Allemande.

Les stratagèmes déployés par les Anglais aussitôt cette défaite pour arriver à leurs fins vont être multiples et incroyables, dignes des meilleurs romans d’espionnages et les subterfuges déroutants.
L’amirauté Allemande ne va tarder à tomber dans la nasse finement tricotée, dès la défaite de Coronel.

Dans un 1er temps, l’humiliation provoque d’énormes remaniements au sein de la marine Britannique, John Arbuthnot Fisher, ex 1er Lord de la mer sans activité alors âgé de 71 ans est rappelé et par qui ?

Par le 1er Lord de l’Amirauté lui-même, Winston Leonard Spencer Churchill, qui risque dans ce désastre de perdre sa place, il le rappelle donc en le nommant commandant suprême de la Royal Navy et celui-ci va mettre toute sa longue expérience de stratège au service de la préparation d’un plan diabolique pour piéger la flotte Allemande.
Pour mémoire c’est ce personnage qui affirma : « qui tient le pétrole, tient le monde. »
Il s’entoure d’autres stratèges comme Lord Herschell, attaché au service de la « Royal Intelligence », de l’amiral William Reginald Hall directeur de la « British Naval Intelligence ».
Ils s’appliquent à faire récupérer et à essayer de décrypter les messages Allemands consécutivement à la destruction de la liaison des câbles sous-marins transatlantiques en Manche comme les câbles reliant la Grande-Bretagne et l’Allemagne appartenant à celle-ci, obligeant l’Allemagne a utiliser les liaisons par câbles appartenant à d’autres pays et les liaisons radio facilement interceptables, messages traités par l’organisation de l’Intelligence de l’Amirauté Britannique dite « Room 40 » du fait de son emplacement dans l’aile Nord de l’Amirauté Ripley.
Les messages interceptés sont multiples, 2 000 par jour, mais surtout bien élaborés avec des codes secrets inconnus des services de renseignements alliés.

La direction de Naval Intelligence (NID) confie à James Alfred Ewing la gestion de cette « Room 40 ».
Diplomé de l’université d’Edimbourg en tant qu’ingénieur physicien, il enseigne la mécanique et la physique à l’université de Tokyo, travaille à développer le 1er sismographe moderne quelques années entre 1879 et 1883.
En 1883 il retourne en Ecosse comme professeur en génie mécanique puis en 1890 à l’université de Cambridge comme professeur en mécanique appliquée, travaille à l’étude des phénomènes rencontrés par l’application des champs magnétiques sur les champs électriques alternatifs, il sera le 1er à décrire ces phénomènes d’hystérésis magnétique.
En 1897 il travaille et participe sur le développement de la turbine à vapeur.
Il est nommé en 1903 par l’amirauté comme directeur d’études au Royal Naval College de Greenwich.
Il s’intéresse à la cryptographie au début du conflit mondial quand l’Amiral Sir Henry Oliver alors patron du NID lui montre des télégrammes Allemands non décryptables à l’époque et les difficultés de cette science a percer.
Il se retrouve donc en 1914 chargé du service de cryptanalyse des messages de la marine Allemande.
Il recrute des spécialistes comme en théologie germanique, le révérend presbytérien William Montgomery, un linguiste de l’Allemagne Nigel de Grey qui travaillait pour les éditions Heinemann, qui devinrent ensuite les cryptologes brillants incontournables durant la 1ère guerre mondiale.
Leur plus grand exploit connu est d’avoir décrypté, début 1917, le message secret codé dit « Zimmermann » du nom du ministre Allemand des affaires étrangères, missive destinée au président du Mexique, pour obtenir une alliance entre l’Allemagne et le Mexique, ainsi déstabiliser les relations entre l’Amérique et le Mexique, le contenu essentiel du message serait que le Mexique serait autoriser à contrôler le Texas, le Nouveau Mexique et l’Arizona.
Le message télégraphique était écrit sous une forme très complexe de cryptage utilisé pour les communications diplomatiques de haute importance, des groupements de chiffres remplaçaient les lettres sur les axes verticaux et horizontaux.
Le décryptage de ce message ne traîna point, il fut réalisé en 24 heures.

Mais on oublie vite qu’ils sont aidés par la chance.
Le croiseur léger Allemand le Magdeburg en Août 1914 échoue sur l’ile d’Odensholm en mer Baltique sur les cotes de l’Estonie et va subir l’attaque de deux croiseurs Russes, le Magdeburg incapable de se battre est détruit, son équipage comme son commandant sont faits prisonniers et envoyés en Sibérie.
Les services d’écoute et de renseignements russes vont inspecter le navire et découvre dans la cabine du commandant un exemplaire du code secret de la Marine Allemande, un dictionnaire d’une centaine de pages, le SKM« Signalbuch der Kaiserlichen Marine » dénommé aussi le code 13040, en fait, 3 exemplaires de ce code sont retrouvés sur les lieux.

Un de ces exemplaires est remis mi-octobre au Lord de l’Amirauté Britannique qui le transmet à « Room 40 ».
Qui plus est, les Russes récupèrent aussi sur les lieux, des cartes codées (un tableau quadrillé de la Baltique), le code des signaux de communication et les journaux de bord.
Maintenant les alliés sont en possession la majorité des documents secrets codés permettant de décrypter l’ensemble des transmissions secrètes de la flotte Allemande qui, elle ignore tout de cela.
En travaillant sur le SKM comme outil de base du système de décodage avec des entrées à 3 colonnes, ainsi Schlacht (bataille) est codée comme QPJ (généralement) ou 66164 (moins souvent).
Charles Rotter de l’équipe de la « Room 40 » découvre à mi-octobre 1914 qu’une des entrées dans la résolution du problème par le déchiffrage d’une série de messages envoyés par un émetteur Allemand de Norddeich est la numérotation d’une façon séquentielle des messages et qu’ensuite, ils sont re-chiffrés par une simple table en remplaçant une lettre par une autre.
« Room 40 » découvre que les écoutes de la station d’interception radio installée à Hunstanton (sur la cote Est de l’Angleterre) par les ondes courtes pouvaient repérer les signaux sonores émis par les bateaux Allemands de haute mer et ainsi suivre leurs mouvements.
Un autre indice est exploité par la saisie d’un « Handelsschiffsverkehrsbuch » livre de trafics commerciaux, provenant d’un navire marchand Allemand naviguant dans les eaux Australiennes, contenant une liste différente de mots code et où chaque lettre d’un mot de code est changée en une autre lettre.
Charles Rotter compare ce chiffrage des mots avec le SKM et arrive à la conclusion que c’est la même méthode employée.
Par manque de redondance la cryptanalyse des mots de code ne suit pas.
Il s’ensuit l’interception d’une séquence de messages Allemands dont les numéros de série consécutifs sont décodés.

Le mystère du KSM est enfin levé.
Le commentaire de la « Room 40 » révélant l’incroyable codification est éloquent et très évocateur des difficultés rencontrées : « Leur folie est plus grande que notre stupidité ».
L’Amirauté ainsi en interceptant l’ensemble des messages envoyés par la flotte Allemande peut comprendre leur stratégie maritime, suivre leurs mouvements en haute mer (Les Anglais mettent au point un système de repérage naval infaillible, en écoutant de 2 points différents puis avec 3 points les émissions de radio des navires Allemands en mer du Nord, ils arrivent à déterminer la situation exacte du navire émetteur) et émettre des faux messages codés à leur intention.

Mais cela ne suffit pas pour piéger l’escadre de Von Spee, elle sait que celle-ci mouille à Valparaiso au Chili, faut-il avoir les moyens de pouvoir la combattre et la battre avec quoi ? Comment ? Où, quand et comment ?

La flotte de Spee à Valparaiso.
La flotte de Spee à Valparaiso.

L’idée de John Fischer déjà mise en application lorsqu’il était en 1905 1er Lord de la mer, d’avoir lancer le projet de réalisation de cuirassier rapide est, d’utiliser des forces supérieures en puissance pour se confronter à Von Spee.
Il sait qu’il a à sa disposition deux croiseurs de bataille, les fleurons de la Royal Navy mais stationnés en Méditerranée non loin des Dardanelles, bloquant la sortie éventuelle du cuirassier Allemand le Goeben de la méditerranée.
Il sait que s’il donne l’ordre aux 2 croiseurs de bataille de prendre la mer, les espions Allemands communiqueront rapidement la nouvelle et de nouvelles donnes stratégiques se mettront en place du coté de la Marine Allemande.
Il n’a pas le choix, mais comment faire ?

Il ruse et berne tout ce monde d’espions, comment ?

Il fait construire en grand secret et urgemment dans les chantiers navals Anglais deux croiseurs identiques.
Etait-ce possible en 1914, de produire aussi vite de tels bâtiments de guerre ?
Oui, bien sûr ! Si l’on utilise des bâtiments de commerce et que l’on les transforme en navire de guerre avec des superstructures en bois !
Ainsi les deux leurres en toute discrétion descendent le golfe de Gascogne, passent le détroit de Gibraltar pour aller remplacer les 2 véritables croiseurs de bataille qui prennent le large, sous couvert de l’obscurité.
Ni vus ni connus, la supercherie a réussie, l’Inflexible et l’Invisible voguent vers l’Amérique du Sud.

Mais pourquoi faire diriez-vous ?

En l’espace d’un mois le plan diabolique des Anglais très revanchards, est mis en place, un piège conçu de manière machiavélique de façon à se débarrasser de Von Spee et de son escadre.

On sait par les affres de l’histoire, que l’escadre de Von Spee toute entière est passée par le fond le 8 Décembre 1914 lors de la bataille dite des Malouines ou des Falkland.

.Deutsches Kreuzergeschwader
Deux croiseurs cuirassés et 2 croiseurs légers battants pavillon Allemand perdus coulés, 1 900 marins disparus dont tous leurs commandants, 210 allemands seulement sont recueillis et fait prisonniers.
Mais comment ?
Pourquoi aux Malouines ?
Que venait faire là Von Spee avec toute sa flotte dans ce coin de l’Atlantique ?

Toutes ces questions ont bien sûr une réponse historique, on les retrouve dans un livre de Sir Basil Thomson, « la chasse aux espions. » 1914-1919, directeur de Scotland Yard durant la Grande Guerre, acteur-témoin des évènements, il relate dans ce document les faits et propos tenus par Lord Herschell et par l’Amiral Hall en Aout 1915 lors de la capture, de l’arrestation et de l’interrogatoire d’un espion Allemand, le Kapitanleutnant Franz von Rintelen se faisant passer pour un Suisse venant de New-York se rendant en Hollande.
L’Amirauté avait réussi à le piéger sournoisement et à le faire débarquer à Ramsgate (petite ville côtière face à Calais).

Von Rintelen était un fin limier, militaire avant tout, au début du conflit il était officier d’état-major à l’Amirauté Allemande.
Parlant l’Anglais sans accent, avant que la guerre éclate il travaillait à la Deutsche Bank puis en tant que représentant pour les EU à la Disconto-Gesellschaft, à 38 ans en Avril 1915, il fut envoyé en mission secrète à New-York, information captée par les messages chiffrés de l’ambassade Allemande à NY.
Von Rintelen n’est pas uniquement soupçonné d’espionnage mais de sabotage de navires marchands affrétés par la Grande-Bretagne pour les transports de munitions fabriquées aux US.
En effet depuis son arrivée à NY, des incendies mystérieux se déclaraient en même temps dans les cales des navires.
L’affaire pris une autre tournure lorsque l’on découvrit à Marseille aux fonds des cales d’un navire en provenance de NY, transportant des munitions à destination de la Russie (port d’Arkhangelsk) un engin incendiaire (cylindre en plomb présentant 2 compartiments, l’un rempli d’acide picrique, l’autre d’un liquide inflammable, l’acide ayant attaqué le disque de cuivre séparant les 2 compartiments provoquait une réaction exothermique conséquente pour enclenchait le feu au liquide volatil faisant fondre l’enveloppe et propager le feu dans les cales).
Von Rintelen était aussi soupçonné d’être l’investigateur de grèves continuelles chez les dockers, grèves provoquées par un syndicat mystérieux assez riche pour payer les grévistes durant les journées de grèves, empêchant ainsi le chargement les navires de commerce.
Des messages radio interceptés révélèrent que Von Rintelen avait été en communication avec Huerta, l’ex-président Mexicain, dans le but de pousser le Mexique et le Japon à entrer en conflit avec les EU.
Les services de renseignements Anglais considéraient qu’il était une pièce maitresse de l’espionnage Allemand pour le continent Américain, l’Amirauté œuvra pour le démasquer en l’obligeant de venir en Europe, pour l’intercepter et l’arrêter.

Franz von Rintelen.
Franz von Rintelen.

Ainsi par le biais du code secret récupéré aux Allemands, l’Amirauté Anglaise rédigea un message codé à l’attaché naval de l’ambassade d’Allemagne à NY selon lequel, il était demandé de prévenir discrètement le capitaine Von Rintelen qu’il avait ordre de revenir à Berlin.
Ceci obligeait Von Rintelen de prendre un bateau vers la Scandinavie, le piège était tendu, il suffisait que Von Rintelen obéisse à cet ordre formel.
Ainsi, quelques semaines plus tard, l’Amirauté Britannique apprit qu’un certain E.V.Gasche avec passeport Suisse avait embarqué à bord d’un navire pour la Hollande.
Par recoupement de plusieurs renseignements et témoignages, les renseignements Britanniques eurent la conviction que Von Rintelen voyageait sous un faux nom et qu’il fallait seulement à son arrestation le démasquer.

Ce qui fut fait après confirmation que E.V.Gasche ressortissant Suisse ne pouvait pas présent en même temps à deux endroits différents, ce qui lui fut signifié lors de son interpellation à Ransgate et sa « garde à vue » à Southampton, comprenant que s’il était remis aux autorités Américains en tant que civil avec de faux papiers il risquait plus que s’il se présentait en tant qu’officier il serait considéré comme prisonnier de guerre.
Il reconnu que c’était la moins mauvaise des situations pour son sort, demanda à rencontrer l’Amiral Hall et se présenta devant lui en tant Von Rintelen, officier de la Kaiserliche Marine et d’être traité comme un prisonnier de guerre.

Il fut donc interrogé avec beaucoup d’égards par l’Amiral qui l’invita à sa table, puis par Lord Herschell à son Army-club.
Les révélations importantes furent données de part et d’autre durant ces invitations-interrogatoires courtois.
Herschell confia à Von Rintelen qu’ils l’attendaient depuis plusieurs semaines en lui demandant pourquoi il avait tant tardé à partir de NY après la réception du télégramme, von Rintelen surpris réagit en demandant de quel télégramme il voulait parler.
L’Amiral répondit à la place d’Herschell : « il veut parler du télégramme que vous avez reçu le 6 juillet du capitaine Boy-Ed, au coin de la 5ème Avenue et de la 45ème rue, attendez je vais vous le lire».
Et l’Amiral de rajouter : « comme le télégramme adressé au Comte Spee commandant votre escadre de croiseurs, lui ordonnant de se rendre aux Iles Malouines ».
Ce fut un terrible choc émotionnel pour Von Rintelen qui ne pu s’empêcher de faire remarquer que ce désastre inexpliqué c’était produit bien avant que court la rumeur du vol du code secret Allemand dérobé à l’ambassade d’Allemagne à Washington.
Les Anglais laissèrent leur prisonnier avec le doute puis la certitude que le code secret n’avait jamais été dérobé, mais qu’ils l’avaient obtenu suite au naufrage d’un quelconque navire de guerre Allemand.
Il comprit que peut-être toutes les communications secrètes provenant de Berlin, des ambassades, des navires de guerre avaient été lues et exploitées par les services de renseignements Anglais et qu’ils avaient piégé Spee comme ils l’avaient fait pout lui.

En réalité, le piège tendu à Spee est beaucoup plus complexe.
L’Amirauté Anglaise savait que toute l’escadre Allemande était dans la rade de Valparaiso et que Spee et son état major était à terre, elle connaissait toute les procédures exactes d’envois de télégrammes aux croiseurs Allemands à l’étranger.
Lorsque qu’un télégramme devait être envoyé, un messager de l’Amirauté Allemande allait au siège à Berlin et l’envoyait selon la procédure que le télégramme devait être visé par l’Amirauté et par le bureau de censure.
L’agent infiltré par les services de renseignements de la Royal Navy à Berlin possédait tous les formulaires requis et les cachets de tampons nécessaires à cette opération.
L’Amirauté lui adressa l’instruction d’adresser de Berlin, un télégramme codé dans le code 13040 à l’attention personnelle du vice-amiral Spee contenant des ordres stricts et précis, d’aller aux îles Falkland à toute vitesse et de détruire la station TSF à Port Stanley (les îles Malouines sont un archipel de l’Atlantique Sud, comprise entre 51°- 52°30’ Sud et 57°30’- 61°30’ Ouest, 2 îles principales séparées par le détroit des Falkland, positionnées à environ 260 milles des cotes d’Argentine, les îles ont un climat subarctique, Port Stanley la capitale est située sur ile orientale au Nord-est de celle-ci, bien abritée au fond d’une baie abritée par 2 caps doublée d’une rade naturelle, le point culminant de cette île est le mont Usborne à 705 mètres).

.Carte XVI

Spee à Valparaiso recevant cet ordre sans le révéler, s’entretien avec l’ambassadeur Allemand puis avec son chef d’état-major et les commandants de ses navires, de son intention d’aller avec l’ensemble de son escadre occuper les Falkland, tous le dissuadent, considérant qu’une telle action impliquait un risque inutile et attirerait obligatoirement des forces navales ennemies, que la destruction des stocks de charbon à Port Stanley ne provoquerait pas à la Royal Navy une gène majeure, encore moins pour le transport du nitrate effectué par les Cap-horniers n’ayant pas besoin de recharbonner, que la destruction de la base comme de la station de radio n’auraient aucune incidence sur le déroulement du conflit naval dans cette partie du monde.

Des questions sur ce pan de l’histoire restent sans réponse : pourquoi la flotte Argentine n’a pas profité de la situation pour occuper islas Mavinas et devenir cobelligérant avec les Allemands face aux alliés Européens ?
L’Argentine jouait-elle un double jeu ?
Sa flotte était assez conséquente : 7 cuirassés, 8 croiseurs et 11 destroyers.
Une occupation des Malouines par l’Argentine aurait changé sûrement les données géostratégiques et militaires pour les Anglais, dispersion de sa flotte, contrainte d’une réoccupation des Falkland et rupture de l’approvisionnement en nitrate.
A ce sujet l’industrie chimique Allemande s’en préoccupa fortement et travailla à la substitution des sels de nitrates naturels par des produits de synthèse, ce point sera évoqué plus tard, dans un autre chapitre.

Toutefois Spee décide de mettre cap au Sud avec sa flotte complète : les 2 croiseurs cuirassés le Scharnhorst et le Gneisenau de 11 500 tonneaux chacun, armés de 8 canons de 210 mm et 6 de 150 mm, pouvant filer 22 nœuds et embarquer 770 marins chacun; 3 croiseurs légers de 3 500 tonneaux chacun, armés de 10 canons de 105 mm et de 8 de 52 mm, avec une vitesse maximale de 25 nœuds, ainsi que deux navires ravitailleurs-charbonniers et le Seydlitz équipé en navire hôpital qui échappa à la curie du 8 décembre.

Le Gneisenau.
Le Gneisenau.

Le long des cotes Chiliennes, il capture 4 clippers cap-horniers de commerce (ce qui le fait retarder avec les conséquences que l’on sait), passe le Cap-Horn le 2 décembre, intercepte le Drummuir un 4 mats barque-acier construit à Liverpool en 1882, transportant 3 000 tonnes de charbon, se rendant d’Angleterre à San Franscico, Spee décide de récupérer cette cargaison, pour ce faire, l’escadre va s’abriter le long de l’ile Picton et reste au mouillage 3 jours.

Drummuir barque.
Drummuir barque.

L’ile Picton avec Lenox et Nueva sont les Magallanes Chiliennes situées en Terre de Feu à la sortie Est du canal de Beagles, Picton est celle la plus proche du canal, après Isla Navarino où est positionné Porto William (2 000 habitants en haute saison) considéré comme la ville la plus au Sud du continent Sud Américain.
Le Drummuir y fut coulé.

Ile Picton dans le canal de Beagles.
Ile Picton dans le canal de Beagles.

Dans les 50èmes hurlants, la mer étant tellement démontée que le croiseur léger Le Dresden est contraint de s’alléger en jetant à la mer une partie de sa réserve de charbon, combustible précieux, pour supporter les chocs répétés par la forte houle sur les structures du bateau.

Carte marine des Fakland.
Carte marine des Fakland.

Les cerveaux de la « Perfide Albion » en remette une couche, ils adressent à Spee, un faux message codé comme quoi Port Stanley est libre de navire Anglais, sans défense, en lui précisant que le HMS Canopus, cuirassé Anglais du type pré-dreadnought de 1899, 13 000 tonneaux, armé de 4 canons de 305 mm et de 12 canons de 152 mm venait d’appareiller pour l’Afrique du Sud.

Il n’en faut pas plus pour que Spee continue à filer tête baissée dans la nasse.

L’archipel est abordé par un axe sud-ouest nord-est (la direction que choisie Spee est d’aborder les iles par le Sud en suivant depuis le Cap-horn la limite de la convergence Antarctique et de rejoindre l’extrême Est des iles où est implanté Port Stanley).
Le 8 décembre au petit matin, en décembre déjà c’est l’été austral et sous ces latitudes il fait jour tôt, le temps est superbe la visibilité parfaite, le Gneisenau commandé par le capitaine de vaisseau Pochammer, est accompagné de l’un des croiseurs légers, le Nürnberg sont en avant-garde venant du Sud-ouest filent en direction de la cote Est.
Une vigie Anglaise à terre positionnée Sapper Hill, colline d’une hauteur de 137 m au Sud de Port Stanley dominant la presqu’île aperçoit la fumée des croiseurs ennemis à 7 h 30 et donne l’alerte.
Tous les vaisseaux de guerre au monde, sont équipées de chaudières à vapeur alimentées au charbon, dégageant des épaisses fumées noires et se détachant parfaitement sur l’horizon, facilement repérables.

Mais pourquoi des vigies positionnées sur les hauteurs ?
Que ce passe-t-il sur l’ile ?
Où est le cuirassé Canopus ?
Est-il parti, ou est-il seul au mouillage à défendre les iles ?

La Kreuzergeschwader de von Spee continue à filer droit sur Port Stanley.
Avait-il en tête une quelconque tactique opérationnelle ?
Quelle était la formation de son escadron ?
En ligne de marche ou en ligne de bataille ?
Sur une seule ligne ?

Comte Maximilian von Spee.
Comte Maximilian von Spee.

Que c’est-il passé ensuite ?

Le communiqué officiel publié de Londres du 9 décembre 1914 du secrétaire de l’Amirauté Britannique est le suivant :
« A 7h 30 du matin, le 8 décembre, les croiseurs Allemands Scharnhorst, Gneisenau, Nürnberg, Leipzig et Dresden étaient vus près des îles Falkland par une escadrille anglaise, sous le commandement du vice-amiral Frederick Sturdee.
Un combat suivit, au cours duquel le Scharnhorst, battant pavillon de l’amiral comte von Spee, le Gneisenau et le Leipzig ont été coulés.
Le Dresden et le Nurnberg ont fui pendant l’action et sont poursuivis. Deux charbonniers ont été capturés.
Le vice-amiral rapporte que les pertes anglaises sont très peu nombreuses. Quelques survivants du Gneisenau et du Leipzig ont été sauvés. »

Un deuxième communiqué par la même voie le 10 décembre annonce :
« Un nouveau télégramme a été reçu du vice-amiral Sturdee, annonçant que le Nürnberg a aussi été coulé le 8 décembre et que la poursuite du Dresden continue.
Le combat a duré cinq heures, avec des intervalles. Le Scharnhorst a coulé après trois heures et le Gneisenau deux heures plus tard.
Les croiseurs légers de l’ennemi se dispersèrent et furent poursuivis par nos croiseurs et croiseurs légers.
Aucune perte de navire anglais n’est annoncée. »

L’agence Reuter le 11 décembre 1914 en provenance de Berlin établi le communiqué suivant :
« Une grande escadre anglaise, composée de 38 navires, aurait attaqué 5 croiseurs allemands près des iles Falkland.
D’après des nouvelles anglaises, 2 ou 3 de nos croiseurs auraient sombré, les autres auraient pu s’enfuir.
Ici nous ne possédons aucune confirmation de la nouvelle et provisoirement, nous ne pouvons nous attendre à une nouvelle à ce sujet, parce que nous ne possédions aucune communication avec notre escadre de croiseurs, laquelle battit encore récemment la flotte anglaise près de Coronel. »

En France la presse écrite dont l’Humanité imprime le 13 décembre 1914, dans une de ses colonnes avec en titre :
« Après la Bataille navale des Falkland.
L’Amiral von Spee et ses deux fils auraient succombé.
L’amirauté britannique publie une nouvelle dépêche sur les combats des iles Falklands ainsi conçue :
Les pertes anglaises dans le combat livré au large des iles Falkland ont été de 7 tués et de 4 blessés.
Aucun officier n’a été atteint.

Suivant un télégramme de Buenos Ayres, via New-York, le croiseur Dresden aurait été coulé huit heures après le Nurnberg.
On déclare à l’Amirauté anglaise n’avoir aucune confirmation de cette nouvelle.
Les croiseurs anglais Shannon, Achilles, Cornwall et Natal ont pris part au combat des Falkland.
Un autre télégramme de Buenos Ayres annonce que les croiseurs allemands se sont trouvés pris entre les escadres britannique et japonaise.
Le Scharnhorst a tiré jusqu’à ce que ses canons fussent engloutis.
Le vice-amiral aurait coulé avec son navire. Le fait qu’un télégramme sans fil de Port Stanley (iles Falkland) avait annoncé qu’aucun homme du Scharnhorst n’avait été sauvé laisse peu de doute à cet égard.
Le vice-amiral comte Maximilien von Spee était né à Copenhague le 22 juin 1861. Il avait deux fils dans la marine; l’ainé le comte Otto, est agé de 24 ans et a servi sur le Nurnberg.
La Vorsisch Zeitung dit que les deux fils de l’amiral von Spee se trouvaient à bord du navire que commandait ce dernier dans l’Atlantique…
Une note officielle allemande a été publiée avant-hier à Berlin, dont voici le texte :
Nos croiseurs, après l’affaire qui se déroula au large de Coronel, entrèrent dans le port de Santiago-du-chili, qu’ils quittèrent avant l’expiration de vingt quatre heures, pour une destination inconnue. Sans doute recherchaient-ils le Canopus et le Glasgow.
Cependant d’après les journaux anglais, qu’une très forte escadre anglaise ait été envoyée pour détruire nos croiseurs.
Rien n’est encore connu sur la bataille ; néanmoins on a des raisons de croire que le Scharnhorst, le Gneisenau et le Leipzig ont été coulés, tandis que le Dresden et le Nürnberg ont réussi à s’échapper. Etant donné la supériorité de la flotte ennemie, il y a peu de chance pour nos croiseurs d’échapper à la poursuite.
Nous devons prévoir la perte de ses deux unités.
Nous n’espérons pas naturellement obtenir d’informations exactes, de source anglaise, en ce qui touche la composition exacte de l’escadre britannique. 

N’oublions pas que notre escadre a tenu la haute mer pendant quatre mois sans avoir aucun moyen d’information, sans avoir à sa disposition aucun port pour se réparer. Elle a réussi cependant, pendant tout ce temps à s’approvisionner de charbon sans tomber aux mains de l’ennemi. »

Il apparaît dans toutes ces dépêches que l’Allemagne est sous le choc, que les autorités ne comprennent pas ce désastre de leur marine.
Ceci est tellement éloquent, qu’au rapport officiel rédigé par un officier survivant des combats le commandant Poch, le Kaiser ajouta la note manuscrite suivante :
« Cela reste un mystère ce qui a fait que Spee attaque les îles Falkland. Voir stratégie navale de Mahan. »

Alfred Mahan, Américain né à West Point en 1840 a été un historien et un stratège naval de son temps.
On est en droit de se demander pourquoi dans sa note manuscrite le Kaiser s’en référait à la stratégie navale de Mahan, il faille retrouver dans les concepts élaborés de celui-ci, qu’il considérait qu’une défaite écrasante en présence de la flotte ennemie équivaux à une dislocation complète de tout le système des colonies et des zones d’influence, quelque soit le lieu de cette défaite.
Le Kaiser connaissait bien ses classiques, Mahan était-il sa référence ou son maître à penser en matière de stratégie militaire sur les mers ?
La conception en matière de stratégie navale de Mahan n’était pas tant sur les conséquences géopolitiques à partir des effets d’une intervention militaire maritime quelque soit le résultat, pas tant sur les forces navales disponibles des états, du modèle anglais en la matière, du rôle des flottes de combat de leur utilisation mais que la stratégie dans tout cela doit revenir aux stratèges et non pas aux politiques, qu’il faille garantir la maitrise des mers pour le commerce et détruire les forces adverses agressives, faisant bien le distinguo entre la stratégie et la tactique navale, qui doit être laissée aux responsables sur les lieux des opérations.
Un doute subsiste dans un conflit précis, stratégiquement : utilisation globale de la flotte et de ses aptitudes au combat ou tactiquement : décision du contact, choix du moment et des conditions du milieu ?

Le Comte von Spee seul décideur, détenant un ordre précis d’aller détruire les infrastructures militaires des Malouines, de combattre éventuellement un vaisseau anglais, cuirassé pre-dreadnought de 2ème classe avec ses gros calibres, n’était sûrement pas un stratège encore moins un tacticien pour devoir foncer avec toute son escadre sur Port Stanley en plein jour qui plus est.
Même s’il ne possédait pas d’aéronef embarqué, il avait tout loisir de contourner les îles en passant par l’Ouest au lieu de filer droit dessus, avait la possibilité et possédait les moyens, tout en restant très loin au large, d’aller voir discrètement ce qu’il se passait sur ces iles et à Port Stanley. Et puis ce temps perdu à faire les corsaires, le long des cotes Chiliennes !

Le Kaiser pensait que ce désastre survenu à sa flotte restait un mystère, et bien non !
Il n’y avait pas de mystère, mais une énorme supercherie militaire derrière tout ceci et le dicton : « la vengeance est un plat qui se mange froid » s’appliqua parfaitement pour la Royal Navy, tant que la flotte Allemande s’approcherait au plus près des cotes Malouines.

Le 7 décembre 1914 seulement un jour avant que Spee aborde ces rivages, à 10 h 30 une escadre anglaise confiée au vice-amiral Doveton Sturdee 55 ans ex-chef d’état major de la Royal Navy avant la défaite de Coronel et malgré les conflits d’intérêts personnels avec John Fischer celui-ci l’expédie au casse-pipe avec cette phrase :
« Celui qui a laissé enfoncer la porte devra maintenant barrer l’entrée. »
L’ordre est d’aller écraser Spee avec sa flotte, il va mouiller dans la rade à Port Stanley et la baie de Port William.

Sturdee.
Vice-amiral Doveton Sturdee.

L’escadre est d’importance et conséquente.
Elle comprend :
Les deux croiseurs de bataille fers de lance pour cette réussite, L’Inflexible et L’Invincible ancrés et mouillants dans la baie de Port Willam, ils arrivent de Southampton après être re-surblindés, lors de cet appareillage sur place, les compas magnétiques ne purent être compensés, faute de temps.
(la différence entre le Nord du compas et le Nord magnétique est atténuée en place le compas loin de toutes sources provoquant des champs magnétiques, on détermine la courbe de déviation en prenant en mer différents caps espacés de 30° et en effectuant des relevés avec le compas de relèvement et les comparant avec le compas de route.
Pour une différence trouvée de + ou – 7° il en est tenue compte à chaque lecture du compas magnétique pour obtenir le vrai cap.
Pour une différence comprise entre + ou – 7° et + ou – 20° le compas magnétique est compensé à l’aide d’un boitier de compensation et le contrôle de déviation est de nouveau effectué et déterminé, pour rester dans des valeurs maximales comprises entre + ou – 7°.
Au-delà de + ou – 20°, l’emplacement du compas est changé pour l’éloigner des inductions magnétiques qui l’entourent.)

Heureusement une parade ou alternative est proposée, pourquoi ne pas installer une amélioration du compas gyroscopique que vient de soumettre un inventeur Américain, Elmer Ambrose Sperry ?
Pari tenu ! Un tel compas est installé sur l’Invincible, la réussite est au rendez-vous, le gyrocompas Sperry est fiable, très exploitable et montre toutes ses qualités, il indique le « vrai Nord » à la différence du nord magnétique et n’est pas affecté à bord des navires par l’environnement magnétique des structures métalliques.
A partir de cet instant, il fera l’objet d’une généralité sur toutes les marines du globe.

Viennent ensuite les croiseurs-cuirassés, le Carnarvon un pre-dreadnought, le Cornwall et le Kent de 11 000 à 10 000 tonneaux, 4 pièces de 190 mm, 6 de 152 mm, 23 nœuds, les 2 premiers mouillés à l’abri à Port William, le 3ème à Port Stanley à l’entrée du goulet de la rade entre la pointe de la Marine et la pointe de l’Ingénieur.
Trois croiseurs légers, le Bristol, le Glasgow et le Macedonia croiseur auxiliaire, 4 800 tonneaux, armés de 2×152 mm et de 10x101mm, 25 nœuds, ancrés dans la rade.

Le Macedonia.
Le Macedonia.

Et enfin le cuirassé Canopus présent dans la rade, positionné et volontairement envasé à l’extrême Est de la rade, ses canons de 305 mm, orientés de telle manière qu’ils peuvent stopper l’accès à l’Est de toute approche par mer et sur une distance de 6 milles.

Le Canopus.
Le Canopus.

L’avant-garde allemande repérée, c’est le branle-bas de combat sur tous les navires anglais, mises en chauffe des chaudières, chargements et transferts du charbon stoppés, l’appareillage vers la sortie est long, seul un vaisseau était près à prendre la mer, le Glasgow.
Les anglais à ce moment là étaient vulnérables.
Seul le Canopus était opérationnel, à 9h30 il ouvre le feu de ses 305 mm sur le Gneisenau et le Nürnberg.
Le capitaine Pochammer du Gneisenau signale au navire amiral la présence de deux croiseurs de bataille caractéristiques par les silhouettes de ceux-ci, mais ne peut apercevoir le Canopus masqué par le relief.

Position des navires Britanniques le 7 décembre 1914.

Spee ne lui donne pas l’ordre d’intervenir ou de bloquer l’accès de la baie, le Kent stationné à l‘entrée en attente de charbonner était dans l’impossibilité de réagir.

Cette option d’aller attaquer le Kent n’est pas retenu, il leur est demandé d’attendre le gros de la Flotte.
On croit rêver !
Spee avait là, la seule et unique possibilité de contrecarrer les anglais à leur propre jeu de dupes.
Mal lui en a pris, il ne l’a pas fait.

Strudee ne donnera l’ordre général de chasse générale qu’à 10h30.

Spee arrive à ce moment-là à hauteur de l’ile Est, il infléchit légèrement sa direction sur tribord, le Glasgow sorti gène sa progression, qui pour éviter d’être à distance des canons ennemis redresse sa course.

Les deux flottes sont espacées d’environ 10 à 15 milles, Spee un peu en avant, direction plein Sud-Est, il semble fuir !
Sur une seule ligne avancent, en chef de file le Scharnhorst, le Nürnberg, le Gneisenau, le Dresden puis le Leipzig.
Le Bristol à 11 h quitte la ligne de combat, vire sur son tribord plein Ouest, pour atteindre à 12h30 la pointe Kelp et va plein sud, couper la route de l’arrière-garde de Spee composée du Baden, du Santa Isabel et du Seydlitz navire hôpital, qui réussira à fuir, le Macedonia ayant suivi le Bristol vont allé détruire les deux premiers éléments de l’arrière-garde allemande à 19 h53 et 21h30, estimation 52° 30’ Sud et 57° Est, ils gisent par quelques 750 m de fond.

La poursuite est déjà engagée, Spee n’a aucune chance, la vitesse maximale de ses navires est d’environ 22 nœuds, ceux de Sturdee 25 nœuds.
Le Glasgow rentre dans la file à 12h30.
A 13h30 Sturdee est, estimation à 52°Sud et 56°30’Est, il commence à rattraper son retard, attaque et pilonne le dernier, le Leipzig.
Spee est à ce moment là, estimé à 15’ plus au sud et 10’ plus à l’Est.
Il décide de se scinder en deux, les croiseurs cuirassés remontant sur bâbord pour affronter les anglais sous le vent, les croiseurs légers décrochant vers le sud, souhaitant échapper à l’escadre anglaise collée à leurs panaches.
Le 1er à y passer est le Scharnhorst, coule à 16h15, estimation 52°40’Sud et 55°40’Est après 3 heures de combat, il gît par 1 750 m de fond; le second le Gneisenau 2 heures après, pas très loin du navire amiral, estimation 52°45’Sud et 56°Est, il gît par 1 500 m de fond.

Récupération des matelots Allemands , en arrière plan l'Inflexible.
Récupération des matelots Allemands , en arrière plan l’Inflexible.

Pour ce qui est des 3 croiseurs légers allemands, poursuivis par une partie de l’escadre anglaise et malgré les barrages de mines dérivantes, lachées en mer sur leurs arrières, le dernier à subir les tirs anglais est le Leipzig qui dans un combat acharné à coups de 150 mm contre le Glasgow et le Cornwall qui l’exécutent.
Il coule à 20h30, estimation 53°50’Sud et 56°Est, il gît par 2 500 m de fond..
Le Nürnberg malgré son avance de 10 à 12 milles est rattrapé par le Kent qui le harcèle et à bout portant 1,5 milles  les deux croiseurs s’affrontent, le Kent a le dessus, le Nürnberg dévasté coule à 19h30, estimation 53°25’Sud et 55°Est, il gît par plus de 3 000 m de fond.

La profondeur des fonds est importante, le plateau des Falkland au sud-est est très accidenté et varie entre 3 000 à 5 000 mètres pour les profondeurs extrêmes, il est séparé du bassin Argentin par la zone de fracture des Falkland appelée aussi faille des Malouines, composé d’un escarpement de part et d’autre duquel les profondeurs peuvent passer de 1 000 à plus de 6 500 mètres. Au Sud du plateau, une chaîne de montagnes sous-marine, la ride Nord-Scotia sépare la plaque Sud-Amérique de celle de Scotia.

Seul désespéré, le Dresden arrive à fuir.

Monument érigé à Port Stanley.
Monument érigé à Port Stanley.

Cette bataille navale est le reflet de la fin de ce modèle de stratégie militaire maritime pour l’Allemagne.
L’amiral Tirpitz en 1915 ayant fait valoir l’efficacité d’une guerre sous-marine, le développement et l’évolution technique de ces unités de combat comme celle de leur construction conduisit aux succès de celle-ci qu’au point en février 1916, l’amiral von Holtzndorff, chef-d’état major général de la marine écrivit au chancelier :
« La nouvelle guerre sous-marine dispose de tels moyens d’action, que même en tenant compte des moyens de défense accrue de l’ennemi, on peut s’en promettre des résultats extraordinaires et on peut avoir la certitude que l’Angleterre verra son tonnage à ce point réduit que, dans un avenir prochain, au plus tard dans les six mois, elle sera contrainte à signer la paix. »

Les tonnages détruits par cette guerre sous-marine sont impressionnants.
1915- 3ème trimestre : 480 000 tonnes.
1916-1er trimestre : 525 000 tonnes.
2ème trimestre : idem.
3ème trimestre : 600 000 tonnes.
4ème trimestre :1 200 000 tonnes.

Toutefois cette bataille des Malouines permet aux anglais de reprendre la maîtrise des voies de communications commerciales maritimes avec le continent américain et oblige les allemands à trouver d’autres sources d’approvisionnements, en autres pour le nitrate, matière première importante pour la confection de la poudre à munitions, cette guerre en étant une très grosse consommatrice.

L’Allemagne ou plutôt la chimie Allemande va rebondir et réussir à trouver la parade !

Il y a 100 ans déjà.

Pourquoi, diriez-vous d’avoir évoquer ici tous ces moments d’histoire ?
Cela est simple, nous avons en Janvier et février 2015 navigué dans ces régions passant des îles Falkland à la Georgie du Sud pour pouvoir espérer les visiter ou du moins les côtoyer.

Port Stanley, à l'Ouest dans la rade.
Port Stanley, à l’Ouest dans la rade.

Il était impossible de ne pouvoir pas se rappeler et décrire, tous ces événements tragiques qui se sont produits sur ces mers, il y a 100 ans.
C’était plus troublant, de penser à ces drames et les décrire, que de reparler des mésaventures de grands navigateurs ayant souffert dans ces contrées lointaines, comme celles d’Ernest Shackleton qui à la même période avec l’Endurance et ses 28 compagnons en mer de Weddell, vont vivre l’une des grandes pages de l’histoire de l’Antarctique.

Une réflexion sur “Il y a 100 ans déjà au large des Malouines.

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