Leith Harbour, l’amorce du conflit armé de 1982.

Leith Harbour était la 3ème station baleinière implantée en Georgie du Sud sur la côte Ouest de Stromness Bay.

Stromness Bay, Georgie du SudDepuis 1961 ces ex-stations baleinières désaffectées et abandonnées étaient toujours la propriété de la Compagnie Christian Salvesen.
En Septembre 1979, Sergio Constantino Davidoff un entrepreneur ferrailleur Argentin patron de la Georgie del Sur SA depuis 1978, est en contact avec cette société écossaise pour un accord d’achat au prix de la ferraille des équipements et des installations baleines des quatre usines de Leith.
Les Îles Falkland sont informées du deal en Août 1980.
La Convention  de 1971 sur les communications permet de voyager entre les Malouines et l’Argentine à l’aide seulement d’une « carte blanche ». 

A la fin de 1981, Davidoff rend visite à l’ambassade Britannique de Buenos Aires, aborde son projet aux autorités des îles Falkland,  signe un contrat d’une valeur de  180 000 £ avec les propriétaires écossais de la station baleinière abandonnée, puis retourne à l’ambassadeur Britannique, pour présenter ce contrat et le faire régulariser.
Le problème se pose lorsque Davidoff effectue sa 1ère visite pour inspecter les installations qu’il avait acquises à la valeur de la ferraille.

Les Britanniques à Port Stanley font valoir que personne ne pouvait débarquer en Géorgie du Sud sans avoir obtenu au préalable l’autorisation de la base British Antarctic Survey à Grytviken et où des passeports seraient demandés.
Les Argentins ne retiennent seulement l’usage de la  « carte blanche » d’aller et venir comme ils le voulaient en conformité avec les dispositions de l’Accord de 1971.
Il est curieux que la Grande-Bretagne ait choisi de commencer des procédures rigoureuses dans le cadre des visites en Georgie du Sud, juste à ce moment.
Davidoff quitte Buenos Aires en ayant affrété le brise-glace Almirante Irizar  et arriva à Leith le 20 Décembre 1981.
LeithIl fait le voyage directement sur le site de Leith sans arrêter à Grytviken pour obtenir les autorisations nécessaires, ignorant sans doute l’obligation de le faire et ensuite retourne en l’Argentine.
Hunt gouverneur des îles Falkland apprend que le brise-glace Almirante Irizar était à Stromness Bay et par les rapports de Grytviken que quelqu’un avait été à Leith.
Il semble probable que l’ambassade Britannique à Buenos Aires n’ait pas informé le gouverneur Hunt.
Davidoff presse Hunt lui demandant une dérogation, mais celui-ci n’a reçu aucune directives de Londres pour que Davidoff puisse commencer les démantèlements sur place.
L’ambassadeur britannique proteste auprès du gouvernement Argentin pour cet incident, le 3 Février.
La protestation est rejetée le 18 Février.
Davidoff  demande des directives détaillées sur la façon de revenir en Georgie du Sud pour démanteler l’installation, à l’ambassade Britannique.
L’ambassade formule la demande au gouverneur Hunt.
Aucune réponse n’est communiquée suite à cette demande.
Le 11 Mars, Davidoff avise l’ambassade britannique que 41 ouvriers et du matériel  ont été expédiés vers Leith sur un navire de ravitaillement antarctique Argentin l’ARA Bahía Buen Suceso.
Le Bahia Buen SucesoCe « rafiot » n’a rien d’un navire de guerre.
Le navire arrive à Leith le 19 Mars, en laissant de côté GrytvikenLe contrat était le démantèlement de l’ex-station baleinière de Leith avec engagement d’enlever des lieux la ferraille récupérée, avant Mars 1983.
Une équipe du British Antarctic Survey basée à Puerto Leith avise le 19 Mars les autorités, qu’un navire flottant pavillon Argentin, qu’une centaine de militaires Argentins et que le drapeau Argentin sont déployés et sont présents sur l’île de la Georgie du Sud à Leith.
Le 20 Mars le gouverneur Hunt exige le retrait du drapeau Argentin et la régularisation des personnes.
Le 21 Mars le Bahía Buen Suceso quitte la Georgie pour Ushuaia.
L’incident régional se transforme en incident diplomatique, l’information transmise auprès du gouvernement Britannique de la présence de militaires Argentins dans l’expédition Davidoff sur le Territoire revendiqué par la G. Bretagne provoque le déploiement du patrouilleur HMS Endurance ayant embarqué 22 marines.
L’escalade armée commence là, où les deux parties, le gouvernement Britannique dirigée par M.Tatcher et la Junte militaire Argentine arrogante et stupide se croyant intouchable, se regardaient en « chien de faïence », attendant le faux pas de l’autre pour agir, cherchaient un prétexte quelconque pour en découdre (voir : Mais pourquoi diantre aujourd’hui l’Angleterre comme l’Argentine tiennent-elles aux Malouines ?)
Ce prétexte a été les agissements de Davidoff et son comportement absurde, vis à vis des autorités Britanniques, irréfléchi et sûrement précipité en raison des conditions climatiques rudes sur ces îles pour assurer son contrat, accélérant ainsi les événements .
Le 2 Avril 1982, 2500 soldats des troupes argentines débarquent à Port Stanley à six heures.
Le conflit cesse le 14 juin 1982. Il aura fait 907 tués, 649 militaires Argentins, 255 militaires Britanniques et trois habitants.

En Avril 2010 Constantino Davidoff rapportait à la BBC : « La Grande-Bretagne a remporté la bataille militaire, mais est en train de perdre la guerre diplomatique … Quand la vérité sera connue, alors nous aurons justice. »
Davidoff Davidoff 467 Int Bereguestain Avellanedea B A Argentine

 En 1983, le rapport du Comité Francs Britannique sur ​​les décisions prises dans la période qui a précédé la guerre des Malouines conclut:
«Nous ne serions pas fondés à attacher toute critique ou le blâme pour le gouvernement actuel de la décision de la junte argentine à commettre son acte d’agression non provoquée à l’invasion des îles Falkland, le 2 Avril 1982.  »
Selon ce même rapport M.Tatcher a été stupéfaite en 1982 d’apprendre que l’Argentine puisse envahir les Malouines. « Je n’ai jamais, jamais pensé que l’Argentine envahirait les Malouines directement. C’était une chose tellement stupide à faire« .

Depuis sur ces ex-stations rien n’a bougé, laissées telles quelles, le temps faisant son oeuvre de destruction.
Sont-elles toujours la propriété de la Compagnie Christian Salvesen ?
Cette Société qui existe toujours en 2000: 700 personnes, CA 1,2 milliards d’Euros, possède 4 établissements secondaires en France ( Duttlenheim, Duppigheim, Toulouse et Salon de Provence) acquise en 2007 par Norbert Dentressangle, devenu désormais XPO Logistics.
Combien de produits dangereux en provenance de ces anciennes usines abandonnées à elles-mêmes (pétrole, huiles industrielles, amiante, métaux lourds : plomb, chrome, cadmium présents dans les peintures et autres matériaux importés) lessivés par les intempéries, se sont déversés dans le sol et l’océan et les ont contaminés ?
Il y a-t-il eu aujourd’hui des relevés et des données sur ces lieux pour quantifier maintenant ces contaminants ?
Il semblerai à ce sujet que le droit Européen et celui de ses états membres doivent respecter la directive 67/548/CEE et ses additifs !
La Georgie du Sud étant membre des PTOM, le rapport de Janvier 2015 de la Commission Européenne table sur un coût de désamiantage des ex-stations à de dizaines de millions de £.
Mais par manque de volonté, la priorité est modérée et le calendrier présenté dans 3 à 5 ans.
Les besoins financiers selon ce même rapport pour décontaminer ces sites sont de l’ordre de 70 millions d’Euros.

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